Afrique, la France rapplique

Publié le par revuedepressecigbagbo.over-blog.com

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L’intervention de Paris en Côte d’Ivoire est motivée avant tout par la volonté de rester présente en Afrique de l’Ouest. La présence militaire se renforce.

 

La France l’a voulu, la France l’a fait, la France l’a bombardé.

 

Déçue du «mauvais» comportement de Laurant Gbagbo, la France de Nicolas Sarkozy est entrée en guerre contre le régime d’Abidjan depuis des années maintenant. Qu’est-ce qui gênait l’Élysée ?

 

refus du président ivoirien de vouloir simplement se conformer à une politique décidée ailleurs

 

D’abord le refus du président ivoirien de vouloir simplement se conformer à une politique décidée ailleurs – politique essentiellement basée sur le pillage des richesses naturelles du pays et la ferme volonté de rester implantée dans une zone géostratégique essentielle pour les intérêts économiques des groupes Bolloré, Total ou autres. La stratégie de Gbagbo, ses liaisons dangereuses avec les groupes armés du Nord, sa façon de composer avec ceux, notamment comme Guillaume Soro, pour trouver une paix sociale finalement sans consistance politique, a échoué.


La Françafrique a changé mais elle existe,

 

La Françafrique a changé mais elle existe, n’en déplaise à quelques éditorialistes français. La France ne peut plus être le gendarme de l’Afrique parce que la grande puissance impérialiste, les États-Unis, n’en a plus besoin. Paris tente néanmoins d’être indispensable sur le continent noir, tout en «diversifiant» ses interventions. Elles sont économiques plus à l’est pour capter les richesses minières sur les zones frontalières entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, et plus politiques avec l’Afrique du Sud et l’Afrique australe. On le voit avec la Libye, où la France a été en pointe – certainement aussi pour montrer les capacités de l’avion de combat Rafale que Sarkozy essaie de vendre dans ses déplacements –, zone pétrolifère, faut-il le rappeler, mais où elle veut aussi être maîtresse du jeu en Afrique de l’Ouest.

 

Le «deux poids, deux mesures»

 

Le «deux poids, deux mesures», reste la marque de fabrique de la politique étrangère française. De Kouchner à Juppé en passant par Alliot-Marie, l’intervention, dite humanitaire ou autre, masque la volonté de peser politiquement sur le destin des peuples d’Afrique. Comment comprendre, au Gabon, sinon, le soutien à Ali Bongo, fils de son père Omar, pilier de la Françafrique, à l’issue d’une élection au résultat contesté par l’opposition mais validé par Paris ? Comment comprendre le soutien aux élections truquées au Togo ou le laxisme dès qu’il s’agit de pouvoirs sans «problèmes» pour les intérêts occidentaux ? Alors que les avions français flanqués du logo de l’Otan continuent à bombarder la Libye, les mêmes appareils interviennent dans un conflit interne pour soutenir celui qu’ils ont déclaré vainqueur d’un scrutin pourtant contesté.

 

Si Ouattara s’installe à la présidence de la Côte d’Ivoire, rien ne dit que la stabilité du pays sera regagnée. Les affrontements qui ont eu lieu, les massacres, dus aux forces en présence, ne resteront pas sans traces.

Pierre Barbancey

 

 

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