Côte d'Ivoire : l'ONU et la France visent à nouveau le bastion Gbagbo Le monde 11/04/11

Publié le par revuedepressecigbagbo.over-blog.com

LEMONDE.FR avec AFP | 11.04.11 | 08h13  •  Mis à jour le 11.04.11 | 10h09

Un incendie s'est déclaré à la base navale contrôlée par les forces loyales à Laurent Gbagbo, le 10 avril 2011.

Un incendie s'est déclaré à la base navale contrôlée par les forces loyales àLaurent Gbagbo, le 10 avril 2011.AFP/STR

 Les combats entre les forces du président sortant, Laurent Gbagbo, et celles de son rival Alassane Ouattara avaient repris, lundi matin, dans le quartier de la résidence de M. Gbagbo à Abidjan, après que la France et la force de l'ONU enCôte d'Ivoire (Onuci) ont procédé à des frappes dans la nuit de dimanche à lundi 11 avril.

Peu après minuit dimanche, une nouvelle série de frappes de missiles a été déclenchée en direction de la résidence du président. Dans un communiqué publié dans la nuit, Alassane Ouatara a annoncé qu'il avait demandé le jour même au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, la "neutralisation" des armes lourdes de son adversaire, "conformément à la résolution 1975" de l'ONU.

"NEUTRALISER LES ARMES LOURDES"

En fin de journée, vers 18 h 45 heure locale (20 h 45 heure de Paris), deux missiles avaient été tirés dans le secteur de la résidence présidentielle, a rapporté un habitant. Des tirs nourris de mitrailleuses lourdes ont répondu dans ce quartier pro-Gbagbo, selon la même source. Dans un contexte de détérioration de la situation politique et sécuritaire, les hélicoptères de l'Onuci et de la force Licorne avaient auparavant tiré "plusieurs missiles sur des véhicules blindés situés à l'extérieur de la résidence de Laurent Gbgabo" dans le quartier de Cocody (Nord), a indiqué une source proche de l'opération.

"On a repris l'opération consistant à neutraliser les armes lourdes partout où elles se trouvent. L'Onuci et Licorne ont entrepris de viser des cibles en plusieurs endroits, notamment aux abords du palais présidentiel et dans les environs de la résidence présidentielle", a déclaré le porte-parole de l'Onuci, Hamadoun Touré. Les tirs ont également visé aussi "les camps où les exercices de reconnaissance ont permis d'identifier des armes lourdes", a-t-il ajouté.

"Au cours des trois, quatre derniers jours, on a constaté une utilisation de ces armes lourdes contre les populations civiles et les casques bleus. Les tirs contre le siège de l'Onuci ont continué, d'où la nécessité de réagir pour protéger les populations civiles conformément à notre mandat", a conclu M. Touré.

"DES PRÉTEXTES POUR RÉATTAQUER"

Ces informations ont été reprises dans un communiqué de M. Ban Ki-moon, publié à New York. "La poursuite de l'utilisation d'armes lourdes contre les populations civiles et les casques bleus, ainsi que les attaques contre le quartier général du gouvernement légitime, m'ont poussé, une fois de plus, à ordonner à l'Onuci d'utiliser tous les moyens nécessaires pour empêcher l'utilisation des ces armes", a déclaré le secrétaire général des Nations unies.

Le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a dénoncé les frappes, affirmant que la France "cherchait des prétextes pour réattaquer", en référence à l'attaque samedi sur le QG d'Alassane Ouattara, démentie par le camp Gbagbo. Pour la France "il n'y a pas d'autre objectif" que d'"assassiner le chef de l'Etat, tout le reste n'est que prétexte", a-t-il dit.

Dans un communiqué publié lundi matin, l'Elysée a simplement indiqué avoir répondu à la demande d'intervention de l'ONU. "Conformément à la résolution 1975 et en accord avec le Président Ouattara, le Secrétaire général des Nations unies a demandé au Président de la République la poursuite de la participation des forces françaises aux opérations menées par l'Onuci pour neutraliser les armes lourdes utilisées contre la population civile", indique le communiqué. "Le Président de la République a donné son accord au Secrétaire général. Il a encouragé l'ONU à tout mettre en œuvre pour permettre la restauration rapide de la sécurité de la population et des services de base dans l'agglomération d'Abidjan", ajoute-t-il.

Dans la journée de dimanche, les tirs à l'arme lourde avaient repris dans Abidjan, près du palais présidentiel. Les quartiers du Plateau et Cocody sont largement contrôlés par les forces fidèles à Laurent Gbagbo, qui s'y battent avec acharnement contre celles d'Alassane Ouattara. Samedi, l'Hôtel du Golf, où M. Ouattara et son gouvernement sont reclus depuis le début de la crise post-électorale, il y a plus de quatre mois, a été la cible de tirs, notamment de mortiers. La France, dont la force militaire Licorne tient l'aéroport d'Abidjan, dans le sud de la ville, et l'ONU ont toujours affirmé qu'elles n'avaient pas pour mission de renverser M. Ggbabo.

SITUATION HUMANITAIRE DRAMATIQUE

Les forces d'Alassane Ouattarra essaient de sécuriser la capitale économique, dont la population, évaluée à quatre millions d'habitants, est au bord d'une catastrophe humanitaire. "Nous avons de très vastes mouvements de population d'un quartier à l'autre car aucun quartier n'est vraiment sécurisé", a déclaré le coordonnateur humanitaire entre les agences de l'ONU et des ONG, Ndolamb Ngokwey.

Interrogé sur la présence de cadavres dans les rues de la métropole économique ivoirienne, ce responsable a répondu : "Beaucoup de personnes m'ont raconté qu'il y avait beaucoup de cadavres qui jonchaient les rues, et pas seulement dans le quartier des ambassades."

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