Crise post-électorale :POURQUOI BAN KI-MOON S’EST JETÉ DANS LA BATAILLE

Publié le par revuedepressecigbagbo.over-blog.com

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Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Onu.La crise ivoirienne est devenue une question de vie ou de mort pour le secrétaire général de l’Onu. Jetant toutes ses forces dans la bataille, Ban Ki-moon fait feu de tout bois. Il redoute de mordre la poussière dans le dossier ivoirien. Et avec son représentant spécial en Côte d’Ivoire, son compatriote Young-jin Choi, il est au four et au moulin. De ce fait, le Secrétaire général de l’Onu et son représentant en Côte d’Ivoire ont instrumentalisé l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) pour parvenir à leurs fins, en faisant preuve «d’ingérence inacceptable, d’abus de pouvoir et de partialité», selon les mots du gouvernement ivoirien.

En choisissant son camp, Choi s’est arrogé le droit de désigner le Président de la République de Côte d’Ivoire. Malgré les résultats définitifs proclamés par le Conseil constitutionnel, il a déclaré ne reconnaître que les résultats… provisoires donnés par Youssouf Bakayoko, président de la Cei, dans l’illégalité la plus totale.

Situation préoccupante

La branche militaire de l’Opération chargée initialement de s’interposer entre les belligérants de la crise militaro-politique ivoirienne (le camp présidentiel et la rébellion), est désormais devenue partie prenante au conflit.  Les Casques bleus, accusés de collusion avec les forces armées rebelles, ont abandonné leur position de forces impartiales. Au point que les relations avec les autorités ivoiriennes ont tourné au vinaigre. Depuis le 18 décembre dernier, Laurent Gbagbo a demandé le départ immédiat du territoire ivoirien de l’Onuci et des troupes françaises de l’opération Licorne qui la soutiennent.

Car, après avoir échoué dans ses principales missions (lire encadré), l’Onuci s’évertue désormais à exacerber une situation politique qui était déjà préoccupante. Pis, en se contentant de bunkériser un hôtel où le «président de la république du Golf et son gouvernement» ont trouvé refuge, elle participe à l’aggravation de la crise politico-militaire qu’elle était censée aider à résorber. Pour tout dire, en violation des dispositions pertinentes du chapitre I de la Charte des Nations unies, elle joue le mauvais rôle d’acteur de la crise.

Rapport explosif

La détermination du Secrétaire général de l’Onu à appuyer son représentant en Côte d’Ivoire qui est sous ses ordres et à peser de tout son poids pour avoir le dernier mot, a une explication : la crise ivoirienne et le seul sujet qui lui reste pour sauver son mandat. Devenu huitième Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, le 1er janvier 2007, Ban Ki-moon n’aura pas particulièrement marqué de son empreinte les Nations unies, ni insuffler un nouveau dynamisme à l’organisation mondiale.

Faute de charisme, son bilan est jugé «terne et sans relief» par de nombreux commentateurs. Selon la Suédoise Inga-Britt Ahlenius, ancien chef du bureau d’audit interne de l’Onu, «Ban Ki-moon est un dirigeant incompétent» et un «gestionnaire qui peut détruire toute l’Onu». Pour tout dire, «le pire des secrétaires généraux que l’Onu ait eus». «Personne ne l’écoute. Il ne peut même pas communiquer en anglais. C’est gênant que cette organisation si complexe ait un leader si incompétent», peste-t-elle.

Dans un rapport explosif de 50 pages en date du 14 juillet dernier sur le fonctionnement interne de l’Onu sous la direction du Sud-coréen, elle dénonce l’absence de leadership qui met à mal l’organisation qui perd, selon elle, de sa lueur et de sa grandeur sous Ban Ki-moon. Le livre qu’elle a publié sur la question s’intitule «Monsieur Chance – la chute de l’Onu sous Ban Ki-moon».

La réélection du secrétaire général est, en effet, à l’ordre du jour. En place depuis le 1er janvier 2007, Ban Ki-moon arrivera au terme de son mandat le 31 décembre de cette année. Et sa succession est déjà ouverte. Luiz Inacio Lula da Silva, ex-Président brésilien, est pressenti pour le remplacer. Cependant, le Sud-coréen n’a pas dit son dernier mot. Se préparant pour briguer un second mandat, Ban Ki-moon est en première ligne particulièrement dans le dossier ivoirien pour redorer son blason passablement terni et combler ses lacunes de gouvernance.

Pour ce faire, l’ancien ministre coréen des Affaires étrangères et du Commerce s’est mis sous le parapluie et à la solde des Présidents français et américain pour faire leur volonté dans la gestion de la crise ivoirienne. Car, la France et les Usa font partie des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité qui, avec la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie, nomment les Secrétaires généraux de l’Onu. Comme dans la françafrique où seuls les béni-oui-oui ont droit de cité, Ils ont besoin d’un SG malléable et corvéable à merci.

FERRO M. BALLY

 

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