De Washington (2000) à Abidjan (2010): la Cour Suprême a tranché; la vie continue

Publié le par revuedepressecigbagbo.over-blog.com

M. Frindéthié

Dans un tourbillon d’éternel retour, les événements se jouent souvent de nous, comme pour nous rappeler que quelle que soit l’image que nous avons de nous par rapport aux autres, notre impression de nous-mêmes est nécessairement exagérée. Il nous faut par conséquent redescendre sur terre et, usant donc de notre expérience, parler avec empathie à l’autre, plutôt que de l’apostropher avec dédain.

Le 13 décembre 2000, M. Al Gore perdait ce que d’aucuns qualifieraient comme la bataille la plus importante de sa carrière politique.

 

La Cour Suprême des Etats-Unis venait d’inverser une décision de la Cour Suprême de la Floride qui avait enjoint que soient comptés à la main plusieurs milliers de votes qui selon M. Gore n’avaient pas été pris en compte au moment ou Mme. Katherine Harris, la secrétaire d’état de la Floride (d’obédience républicaine) attribuait les 25 votes collégiaux de la Floride à M. Georges Bush.

 

La décision de la Cour Suprême de suspendre le comptage mettait fin à une valse procédurière entre conseillers de M. Gore et ceux de M. Bush du secrétariat d’état de la Floride à la Cour Suprême de la Floride en passant par un tribunal inférieur de la Floride. Le verdict de la Cour Suprême, qui mit fin à la danse juridique, était final et irréversible. Bien que de nombreux supporters de Gore se sentirent grugés par une Cour Suprême qu’ils considéraient d’inclination républicaine – 7 des 9 juges de la Cour Suprême avaient été nommés par des présidents républicains ; et seulement 2 de ces 7 juges (les juges O’connor et Kennedy) étaient connus pour leur votes imprévisibles – ils se soumirent tout de même à la décision de l’institution suprême qui venait de désigner M. Bush comme président des Etats-Unis, et avec tous les autres Américains, résolurent de lui donner mandat pour décider et parler en leur nom au plan national et international. La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis ne souilla point cette grande institution ni ne fit tomber le ciel sur la tête des Américains.

 

Comparativement, le 3 décembre 2010, M. Alassane Ouattara perdit la plus grande bataille de sa carrière politique. Le Conseil Constitutionnel de la Cote d’Ivoire venait d’inverser une décision de la Commission Indépendante Electorale, qui le désignait vainqueur des élections présidentielles. Le Conseil Constitutionnel expliquait cette décision de ce que la proclamation des résultats provisoires de la CEI était hors cotexte (en dehors du délai constitutionnel de l’autorité de la CEI) et hors contexte (dans une chambre d’hôtel, au quartier général de M. Ouattara, par le président de la CEI seul en l’absence de ses collaborateurs comme le prescrivent les règles, sans l’apposition de la signature de ses collaborateurs et sans résoudre les cas de fraudes massives enregistrés par des observateurs internationaux).

 

Dans cet hémisphère sud, cependant, aucune décision d’aucune cour suprême n’a de validité si elle n’est pas soumise à l’approbation des puissants de l’hémisphère nord. Comme si à un moment donné de l’évolution de l’humanité les noirs et les blancs s’étaient séparés pour se développer en deux espèces animales différentes, rien de ce que font les noirs n’est valable s’il n’est d’abord sanctionné par les blancs. Aussi, en conformité avec cette logique d’inégalité, une coalition organisée du dehors de l’Afrique, précisément de l’hémisphère nord, a décidé d’armer une négraille de fusils et de mortiers, afin qu’elle pilonne la Côte d’Ivoire jusqu’à ce que Ouattara, le candidat chouchou de l’hémisphère nord, soit à la présidence. A tous ces va-t-en guerre, permettez que je dise ceci : la cour Suprême a tranché. La vie continue. 

 

http://frindethie.wordpress.com/2011/01/01/de-washington-2000-a-abidjan-2010-la-cour-supreme-a-tranche-la-vie-continue-m-frindethie/

Publié dans Crise post électorale

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