Dernières nouvelles de la Côte d'Ivoire

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Les va-t-en guerre placaient beaucoup d'espoir dans le Nigéria pour entrainer les autres pays de la CEDEAO dans l'aventure d'une intervention militaire en Côte d'Ivoire pour installer Mr Ouattara au pouvoir.

Des médias français annonçaient de grandes décisions à la suite de la réunion des CEMA (chefs d'états-majors des armées) de la CEDEAO à Bamako ces derniers jours. Il a fallu se rendre à l'évidence que le problème ivoirien n'était pas à l'ordre du jour de cette réunion prévue de longue date et qu'il ne l'avait jamais été. 

Le Nigéria a parfaitement joué son rôle jusqu'à ce matin où le ministre des affaires étrangères de ce pays a réclamé une résolution spécifique du conseil de sécurité de l'ONU pour valider cette option. Etrange demande de la part du Nigéria puisque l'ONU avait laissé cette décision à l'appréciation de la CEDEAO. Le serpent serait-il entrain de se mordre la queue?

Une telle résolution serait une grande première pour l'ONU et cela placerait les militaires de l'ONUCI dans une situation encore plus inconfortable que celle qu'elle occupe aujourd'hui. Une majorité d'ivoiriens (du sud de la CI) considèrent déjà que l'ONUCI n'est plus une force impartiale mais une sorte de force d'occupation au service de Mr Ouattara. Une résolution de l'ONU autorisant la CEDEAO à user de la force militaire (ECOMOG) ferait immédiatement basculer l'ONUCI au rang de force ennemie.

 

Le gouvernement français a donné trois jours à l'ambassadeur qui avait été nommé par L.Gbagbo à Paris pour libérer les derniers locaux qu'il occupe et les laisser à son successeur nommé par Mr Ouattara.L.Gbagbo a retiré l'accréditation de l'ambassadeur de France à Abidjan. Le ministère français des affaires étrangères et l'Elysée considèrent cette décision nulle et sans effet. C'est oublier que le président de Côte d'Ivoire reconnu par Paris préside bien peu de chose à Abidjan (on l'appelle le président de la RAG, république autonome du golf) et n'a prise sur aucune administration. Au regard de l'administration ivorienne l'ex ambassadeur de France à Abidjan n'est donc plus qu'un citoyen français ordinaire sauf que les autre citoyens français vivant en CI sont en règle avec l'administration ivoirienne. Mr Jean Marc Simon pourrait donc connaitre quelques désagréments en cas de contrôle de routine qui sont nombreux actuellement à Abidjan. La guerre des visas a fait ses premières victimes, des français ont été interdits d'entrer sur le territoire ivoirien à l'aéroport d'Abidjan, ils étaient en possession de visas délivrés par le nouvel ambassadeur de CI à Paris nommé par Mr Ouattara et accrédité par les autorités françaises. 

 

Mr Ouattara après les échecs de ses appels à manifester, à la désobéissance civile et à la grève tente une autre méthode, il demande l'interdiction des exportations de cacao à partir d'aujourd'hui et pour un mois. Le gouvernement de L.Gbagbo avait déjà anticipé ce genre de pression en annonçant que si l'UE voulait participer à un blocus économique de la Côte d'Ivoire, il ferait appel à des compagnies maritimes asiatiques ou sud-américaines pour ses exportations. Reste à savoir si les grandes sociétés qui opèrent sur ce marché vont bouder le cacao ivoirien (40% de la ressource mondiale).

 

Toujours dans la liste des pressions exercées directement ou indirectement sur l'état ivoirien, l'UE a décidé de geler les comptes du PAA (port autonome d'Abidjan) dans les banques européennes. Mr Gossio PDG du PAA a répondu que sa société possédaient aussi des comptes sur le continent américain et en Asie et que les comptes gelés par l'UE servaient habituellement à payer les fournisseurs européens du PAA. Mr Gossio a simplement remarqué qu'il serait dans l'incapacité de payer ses habituels fournisseurs européens et devrait bien-entendu s'adresser à d'autres fournisseurs.

 

Qu'il est devenu difficile d'étrangler un petit pays dans un univers mondialisé!!!

 

Mon appréciation (totalement subjective) de la situation à Abidjan : les soutiens de L.Gbagbo, loin de baisser les bras, se radicalisent. Ils semblent même envisager une intervention militaire extérieure comme inéluctable (bien que ne croyant pas à celle de la CEDEAO) cette intervention contre L.Gbagbo est à la fois crainte et attendue comme le passage obligé vers la liberté.

  

Dr Michel Lambret

Publié dans Divers

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