Madame Ouattara, une tigresse du business- Capital

Publié le par revuedepressecigbagbo.over-blog.com

La nouvelle première dame de Côte d’Ivoire ne risque pas de jouer les potiches. Cette Française de 57 ans brasse en effet de nombreuses affaires en France, en Afrique et aux Etats-Unis.

Madame Ouattara, une tigresse du business

Chez Dessange International (1 000 salons de coiffure dans le monde), on marche un peu sur des œufs. Une importante partenaire, détentrice depuis treize ans de toutes les franchises de la marque aux Etats-Unis, envisage en effet de s’en séparer. Or cette business woman, qui a la réputation d’être dure en affaires, est en position de force pour négocier : il y a trois semaines, elle est devenue… première dame de Côte d’Ivoire.

Qu’on ne s’y trompe pas, Dominique Ouattara n’a pas l’intention d’en finir avec le business : juste de faire un peu de ménage dans ses multiples intérêts professionnels. Cette Française de 57 ans, qui déjeune régulièrement au Plaza Athénée, à Paris, entend notamment continuer à superviser son groupe d’agences immobilières AICI International, qui emploie plus de 250 personnes à Paris, Cannes, Abidjan, Libreville et Ouagadougou. Et conserver la tête de son cabinet Malesherbes Gestion, qui ­assure la gestion de 250 immeubles parisiens. «Elle a su faire fructifier depuis longtemps son vaste réseau de relations», assure Jean-François Probst, ancien collaborateur de Jacques Chirac et conseiller de plusieurs chefs d’Etat africains.

De fait, l’épouse d’Alassane Ouattara a une longue expérience derrière elle. Née à Constantine (Algérie) et mariée à 19 ans avec un enseignant du lycée technique d’Abidjan de vingt ans son aîné, le professeur Folloroux, Dominique Nouvian s’est lancée dans l’immobilier en autodidacte mais a brûlé les étapes grâce aux précieuses connexions politiques africaines de son époux. Le président ivoirien Houphoüet Boigny, qui appréciait la jeune femme, n’a pas hésité à lui confier la gestion de ses somptueux biens ­immobiliers en France. Et le Gabonais Omar Bongo comptait, lui aussi, parmi ses clients. Après la mort de son premier mari, en 1983, elle s’est liée avec Alassane Ouattara et l’a épousé en 1991, alors qu’il était déjà Premier ministre de Côte d’Ivoire. C’est en le suivant à Washington – il y était devenu entre-temps directeur-adjoint du FMI – que l’ambitieuse Française a eu l’idée d’ouvrir son premier salon de beauté dans la capitale américaine.

Aujourd’hui, le petit empire de madame Ouattara comprend des dizaines de filiales truffées de membres de sa famille. Son époux, Alassane, et sa sœur, Véronique Nouvian-Cornuel, siègent ainsi au conseil d’administration du groupe AICI, et son frère, Philippe Nouvian, en dirige la prospère filiale gabonaise. Quant à son fils Loïc Folloroux, aujourd’hui âgé de 36 ans, elle l’a bombardé directeur général de Radio Nostalgie Afrique (dont elle est la présidente et l’actionnaire majo­ritaire). Il est aussi «responsable Afrique» du groupe londonien Armajaro Trading Limited. Fondé par Anthony Ward, un redoutable spéculateur surnommé «Chocolate Finger», ce puissant hedge fund fait quasiment la loi sur le marché du cacao. En particulier en Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial. Avec son beau-fils dans la place, Alassane Ouattara sera aux premières loges.

Olivier Drouin

Commenter cet article