Ouattara gouverne : La guerre s'installe partout

Publié le par revuedepressecigbagbo.over-blog.com

  

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Des factions pro-Ouattara s'affrontent à Abidjan

ABIDJAN, Côte d’Ivoire - La nouvelle armée de Côte d'Ivoire a retourné ses armes, mercredi, contre un ancien allié qui a aidé le président légitimement élu à prendre le pouvoir la semaine dernière à Abidjan, ont annoncé des sources militaires, infligeant un important revers au retour à la normale dans la métropole ivoirienne.
Des résidants ont indiqué que des tirs d'arme lourde avaient ébranlé le quartier populaire d'Abobo vers 17 h mercredi, près du quartier général de l'ancien chef de guerre renégat Ibrahim Coulibaly, dit «IB».

Des factions pro-Ouattara s'affrontent à Abidjan
Les résidants ont couru pour se mettre à l'abri et se sont barricadés dans leurs maisons.

Ibrahim Coulibaly a organisé deux coups d'État ratés en 1999 et 2002, avant de lancer une rébellion dans le nord de la Côte d'Ivoire.

Des sources militaires des deux parties ont confirmé que la nouvelle armée ivoirienne composée d'anciens rebelles, dirigée par le premier ministre et ministre de la Défense Guillaume Soro, avait attaqué le quartier général d'Ibrahim Coulibaly.

Les soldats se sont heurtés à une résistance féroce et les combats intenses ont duré plus d'une heure, ont indiqué ces sources.

«Nous leur avons fait rebrousser chemin vers leur base au bureau du maire», a déclaré Félix Anoblé, capitaine du «Commando invisible» d'Ibrahim Coulibaly. M. Anoblé a nommé trois commandants des forces pro-Ouattara qui auraient mené l'attaque, dont le général Issiaka Wattao.

Plus tôt dans la journée, le général Wattao avait nié que des combats aient opposé des factions de la nouvelle armée ivoirienne.

Dans une entrevue exclusive accordée à l'Associated Press, le général Wattao a affirmé qu'Ibrahim Coulibaly n'était pas la problème, mais a suggéré qu'il pourrait être attaqué s'il n'acceptait pas l'autorité d'Alassane Ouattara comme président.

Dimanche, Ibrahim Coulibaly avait juré fidélité à M. Ouattara lors d'une entrevue avec l'Associated Press, affirmant qu'il le considérait comme un père. Ibrahim Coulibaly, qui a déjà été sergent dans l'armée ivoirienne, a dirigé l'équipe de gardes du corps de M. Ouattara quand celui-ci était premier ministre, de 1990 à 1993.

«IB» a lancé en 2002 une rébellion contre Laurent Gbagbo qui a divisé le pays en deux. En 2004, Guillaume Soro et lui se sont violemment affrontés pour prendre la direction du mouvement rebelle, que Guillaume Soro a remportée.

On ne sait pas très bien quel contrôle exerce Alassane Ouattara sur les anciens chefs de guerre. Il a tout d'abord tenté de se distancer des rebelles qui disaient combattre en son nom. Mais quand ses appels à une aide internationale pour déloger Laurent Gbagbo sont restés lettre morte, il a reconnu leur loyauté et les appelle maintenant les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, dirigées par le général Wattao.

«Le pouvoir dans ce pays repose sur Alassane Ouattara, et il (Ibrahim Coulibaly) ne peut contester ce fait», a dit le général Wattao.

Interrogé à savoir si les hommes d'«IB» seraient intégrés dans la nouvelle armée, le général a affirmé: «C'est mieux pour lui de se joindre à la nouvelle armée. S'il ne se joint pas à nous, ce sont ses propres enfants qu'il tuera», a-t-il dit, en référence aux combattants de l'ancien chef rebelle.

Des combats intenses impliquant des obus de mortier ont eu lieu mercredi dans un autre quartier d'Abidjan, Yopougon, où des miliciens fidèles à Laurent Gbagbo se sont retranchés.

Le général Wattao et Ibrahim Coulibaly ont tous deux affirmé que c'était leurs hommes qui menaient les combats dans le quartier pour déloger les dernières poches de résistance. Des résidants ont affirmé que des membres des deux parties combattaient dans différents secteurs du quartier.

«Nous avons fait prisonniers des leaders des milices aujourd'hui à Yopougon, et nous les gardons ici pour prouver que c'est nous qui avons libéré la zone», a dit le capitaine Félix Anoblé, du «Commando invisible».

Ces affrontements surviennent neuf jours après l'arrestation de l'ancien président Laurent Gbagbo dans le palais présidentiel d'Abidjan, après plus de quatre mois de blocage politique ayant suivi le second tour de l'élection présidentielle.

Ibrahim Coulibaly est rentré d'exil en janvier dernier pour lancer une offensive visant à «libérer» Abidjan, après que les forces pro-Gbagbo eurent tiré à l'arme lourde contre des civils dans le quartier d'Abobo, majoritairement peuplé de partisans d'Alassane Ouattara.

Lors d'une conférence de presse lundi, «IB», qui se qualifie lui-même de général, a indiqué qu'il s'attendait à une reconnaissance pour sa victoire, mais n'a pas dit quelle forme cette reconnaissance pourrait prendre.
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