Paris protège ses ressortissants en bombardant la présidence et les camps militaires. Bilan : 2703 civils tués non relayé par la presse

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Côte d'Ivoire : l'ONU et la France bombardent le palais de Gbagbo

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.04.11 | 14h32  •  Mis à jour le 04.04.11 | 22h49

Les forces d'Alassane Ouattara ont repris l'offensive, lundi 4 avril, contre les troupes de Laurent Gbagbo à Abidjan, précipitant l'entrée en lice des forces militaires de l'ONU sur place. Une colonne de plusieurs dizaines de véhicules, munis de mitrailleuses lourdes et remplis de soldats pro-Ouattara a pénétré en début d'après-midi dans la capitale économique ivoirienne, entraînant une reprise des combats.

Des hélicoptères français et de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) ont ensuite bombardé le palais et la résidence de Laurent Gbagbo, ainsi que les camps militaires d'Agban et d'Akouédo, contrôlés par les forces pro-Gbagbo. "Des moyens ont été engagés contre plusieurs objectifs : des armes lourdes dans des casernes et un détachement de véhicules blindés équipés de canons et de lance-roquettes", a précisé Thierry Burkhard, porte-parole du ministère de la défense. Toussaint Alain, conseiller de Laurent Gbagbo à Paris, a peu après dénoncé "des actes illégaux" et une "tentative d'assassinat" contre Laurent Gbagbo.

INTERVENTION FRANÇAISE SUR DEMANDE DE L'ONU

Les bombardements de lundi soir sont intervenus après constatation, par les troupes de l'ONU, "des actions de forces par armement lourd utilisé contre la population civile", toujours selon Thierry Burkhard. Ils s'inscrivent en cela dans le cadre de la résolution 1975 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les "Forces impartiales [qui rassemblent l'Onuci et la force française Licorne] ont tiré sur les camps militaires d'Agban et d'Akouédo ainsi que le palais et la résidence présidentielle", a expliqué le porte-parole de l'Onuci, Hamadoun Touré.

 

Le camp militaire d'Akouédo, à Abidjan, après le bombardement des forces de l'ONU contre les forces pro-Gbagbo, lundi 4 avril.

Le camp militaire d'Akouédo, à Abidjan, après le bombardement des forces de l'ONU contre les forces pro-Gbagbo, lundi 4 avril.AFP/STR

 

L'Elysée avait annoncé qu'elle autoriserait l'armée française à participer aux opérations militaires de l'Onuci, après demande "urgente" du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans une lettre adressée dimanche à Nicolas Sarkozy. Le président français y a répondu favorablement (.pdf) : "Je considère, comme vous, que la protection des civils menacés en Côte d'Ivoire est une urgente nécessité, parallèlement aux efforts politiques de l'ensemble de la communauté internationale visant à résoudre la crise actuelle", a-t-il écrit à Ban Ki-moon.

Le secrétaire général de l'ONU a précisé que les frappes visaient à protéger les civils et non à s'attaquer au président sortant Laurent Gbagbo. "Laissez-moi souligner que l'Onuci n'est pas partie prenante dans ce conflit", a précisé M. Ban.

Ces opérations militaires françaises, deux semaines après l'ouverture d'un front en Libye, s'ajoutent à la mission de protection des ressortissants français à Abidjan par la force Licorne sur place, qui compte 1 650 hommes et dont les effectifs ont doublé en une semaine. Lundi soir, le Quai d'Orsay annonçait l'enlèvement de cinq personnes, dont au moins deux Français, dans un hôtel du quartier du Plateau, près du palais présidentiel, au cours d'une attaque des forces pro-Gbagbo.

LES PRO-OUATTARA VEULENT "UNE OFFENSIVE RAPIDE"

Peu avant, le porte-parole de Guillaume Soro, le premier ministre d'Alassane Ouattara, expliquait que les troupes en faveur du candidat reconnu président par la communauté internationale sont entrées "à 13 heures (15 heures à Paris)" au nord d'Abidjan. "[Nos] mouvements ont commencé à travers quatre grands corridors. Nous sécurisons pendant notre passage. L'objectif, c'est de converger vers le Plateau [quartier centre d'Abidjan] et Cocody [quartier nord]", avait précisé le porte-parole de Guillaume Soro. L'offensive "devrait connaître une accélération dans les heures qui viennent. (...) On avance tranquillement" annonçait-il, alors que des tirs et des explosions étaient entendus dans la ville et depuis le quartier du Plateau.

 

 

Depuis jeudi, après quatre jours d'une progression fulgurante du nord vers le sud de la Côté d'Ivoire, plusieurs centaines de troupes des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) sont massées à la périphérie nord d'Abidjan. Le commandant des troupes pro-Ouattara, Issiaka "Wattao" Ouattara, a affirmé disposer de 4 000 hommes, auxquels s'ajouteraient 5 000 hommes déjà présents dans la ville.

Les hommes de Laurent Gbagbo tiennent des positions autour du palais présidentiel (quartier administratif du Plateau), de la résidence officielle de Gbagbo (quartier de Cocody) et du siège de la RTI, la télévision d'Etat. Dimanche et lundi matin, seuls quelques tirs sporadiques d'armes lourdes étaient entendus sur place, alors qu'Abdijan est le théâtre de combats et de pillages depuis jeudi soir, et que sa population connaît de graves difficultés pour s'approvisionner en eau et en nourriture.

Cette reprise des combats intervient au lendemain des annonces de Guillaume Soro, pour qui la situation était "désormais mûre" pour une offensive "rapide". Au cours du week-end, le camp d'Alassane Ouattara avait réclamé à plusieurs reprises une "forte implication de la France" et de l'ONU.

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